« Si durant toute sa vie l’homme devait s’en tenir au connu, rester limité au petit groupe de phénomènes qu’il sait, par éducation et atavisme, relier entre eux et constituer en un réseau de relations, ce filet purement utilitaire ne pourrait manquer de devenir un piège d’ennui, une prison sans désirs dans laquelle il serait condamné à pourrir enchaîné, entre le pain noir et l’eau croupie de la logique »
« Au commencement, les yeux ne voient pas. Ils sont ouverts, entre les rideaux des paupières, mais ils sont noirs. Ils n’ont pas de lumière. Les yeux ne servent pas. Ils ne sont pas faits pour voir. Quand on a appris cela, on n’a plus peur de l’ombre et du vide. Les yeux sont des moteurs pour aller dans l’autre sens, vers le futur, vers les pays inconnus, vers les rêves, les choses de cette nature.»
Carnet de voyage. Des pages déchirées, décadrées, déquadrillées. Comme des photogrammes isolés- panavision-, pour un coup appariés. Couple à la colle, union contre nature. Trop nature. Montage animal.
«Le dialogue est une attitude d’exploration, de vacuité, sans idées reçues. un espace vacant dans lequel on peut explorer toutes sortes de choses. C’est une proposition d’exploration, mais même cela n’est pas la finalité. on doit rester constamment ouvert à l’exploration. Le but est toujours changeant. On explore le sens ensemble -la perception créatrice du sens. Penser ensemble et ressentir ensemble. Nous n’essayons pas d’obtenir un résultat. La graine est semée et le sens est naturellement, spontanément actif et porteur de transformation. »
« Loin d’être une simple détermination négative, le non-travail croissant est chargé de critères opérationnels saillants, des formes de praxis autres, virtuellement opposées à celles qui régissent la marchandise. Il est comme une bande côtière que le retrait de la mer révèle dans toute sa variété et sa richesse: un plein, une convexité. Il est, surtout, le lieu où peut prendre place une activité, qui élimine et supplante le travail salarié. »
Mais tu n’es qu’un curieux conquistador. Bravement tu brandis ton brandon. Tu brises, tu broies. Guerrier rouge, brute féroce, tu détruis, tu jouis. Tu possèdes. Tu remplis. Et quand sur ton chemin, frères et soeurs d’indulgence t’invitent à l’abandon, à la présence, après une brève étreinte, d’un soudain coup de lance tu leur perces le dos, détruisant par ton crime la porte du passage.