Teinture initiale: fluides charitables des fonds baptismaux. Osmose. Infusion des corps. Les vagues insolentes de la jeunesse ( et les douces- pentes-salées-de-la-mémoire). L’aube époustouflante. La cruciale trace, dispersée, jusqu’à aujourd’hui. Le point révélateur. (L’angle de la couleur). Le réel advenu.
Dans la secrète alcôve, le temps travaille ainsi: désunis les amants surexposent leur détresse.
Je ne peux plus mettre de mots à ta place. Ne peux retrouver ceux qui te manqueraient encore. L’origine de ton monde marquera notre chute.
Moi qui pensais t’avoir montré le ciel, machinalement toujours plus tu t’enfonces. Tu t’engloutis. Dans l’impossible image, le mirage absolu. La terrible blessure.
Tout d’un coup tu t’abîmes, parfait petit robot, prisonnier consentant des nombres et des mesures. Une grossière machine. Tu redeviens de plomb. Destin de petit d’homme. Captif et fier de l’être.
Et voilà. C’en est fait. Fin de la traversée. Last exit to dead end.
Retour au fucking no man’s land qu’un temps j’ai cru laisser. Derrière. Pour gagner l’autre rive. Avec toi.
Le ressac. Encore encore et encore. Chaque fois plus dévastateur. Moi toujours plus stérile.
Dans tout ce gris du port et les boues infamantes, je n’attendrai pas la fin de l’orage. Je ne laisserai pas ta rage m’abimer le portrait. Fin du cinéma.
Ne pas succomber à la tentation de la belle image, du fétiche.
Par nature ça doit rester en travail, entre ombre et lumière, là où -comme le dit Artaud- « il ne reste plus à l’homme qu’à reprendre sa place, entre les rêves et les événements ».
Juste la rencontre. Le lieu de l’instant. Où deux zéros, touchés, se lâchent à l’infini. Quand d’une boite à musique revenue de l’enfance -d’un trou par où ça passe-, une note libérée nous précipite alors au coeur du prototype. Le vif même de notre nature résonnante. Cristalline. Dans la présence. D’avant le (cruci)fi(x)ction.
Passer de la métaphore textile du tissage à celle du feutrage. On ne rend plus compte ici d’une réalité bidimensionnelle de chaîne et de trame qui évoque inexorablement grille et relation duelle mais plutôt celle, multidimensionnelle et agrégative de l’interactivité, plus proche du feutre. C’est cette texture que nous éprouvons finalement au quotidien dans nos êtres « multitâches », nos sujets « multi » et « hypermédiatiques » .
Car nous avons déjà délaissé cette tyrannie de la grille pour la « soupe » cosmique. Le texte qui fonde notre économie personnelle et collective, est désormais en perpétuelle mouvance, un flux créatif de relations en temps réel. Une expérience proprement poétique. Une danse électronique.