Un programme attitude pirate. Défaire les noeuds -main, muscles- techniques. Laisser faire l’instable, la circulation des fluides. Se laisser porter dans les couches obscures – fange des laissés pour compte, des exclus. Bas-cotés. Bas-fonds. Décomposition dégoutante qui nous touche au plus vif, caresse ou murmure. Laisser les formes s’épanouir dans leur croissance même, se déplier, transparaître. Figures défigurées, formes informes,informées, grouillantes. Le vide au fond.
Carnet de voyage. Des pages déchirées, décadrées, déquadrillées. Comme des photogrammes isolés- panavision-, pour un coup appariés. Couple à la colle, union contre nature. Trop nature. Montage animal.
Mais tu n’es qu’un curieux conquistador. Bravement tu brandis ton brandon. Tu brises, tu broies. Guerrier rouge, brute féroce, tu détruis, tu jouis. Tu possèdes. Tu remplis. Et quand sur ton chemin, frères et soeurs d’indulgence t’invitent à l’abandon, à la présence, après une brève étreinte, d’un soudain coup de lance tu leur perces le dos, détruisant par ton crime la porte du passage.
J’étais Christophe clodo à la tête de chien. Dans mes bras tu pouvais mourir ou renaître. Je portais ta lumière dans la nuit scélérate. J’étais Pollux implorant Jupiter de te laisser le choix. Ta seconde naissance. Au prix de mon exil. Et nous étions jumeaux.
Seul, juste en dessous d’un petit monticule de terre brune, il se tenait, dans l’axe du soleil, les bras le long du corps, la tête haute, le cou raide, comme pétrifié.