Au pays des aveugles (pour Jeanne)

Et voilà. C’en est fait. Fin de la traversée. Last exit to dead end.

Retour au fucking  no man’s land qu’un temps j’ai cru laisser. Derrière. Pour gagner l’autre rive. Avec toi.

Le ressac. Encore encore et encore. Chaque fois plus dévastateur. Moi toujours plus stérile.

Dans tout ce gris du port et les boues infamantes, je n’attendrai pas la fin de l’orage. Je ne laisserai pas ta rage m’abimer le portrait. Fin du cinéma.

Déjà tu te détournes. Déjà tu fais naufrage.

Position

« La tête en bas, on voit le monde à l’envers, et puisque le monde vit à l’envers, ça remet les choses en place. L’image qu’on nous donne du monde étant à l’envers, c’est cul par dessus tête qu’on commence à avoir une vue plus juste des choses. On est au moins en position de les reconsidérer. Sans que ce soit la tête qui commande.  » Claude Régy

Sutra de l’estrade

 Le corps est l’arbre de la Bodhi, et l’esprit est comme un miroir brillant sur son support. Aussi devons-nous souvent le nettoyer, afin que ne s’y dépose pas la poussière. The body is the bodhi tree; The mind is like a bright mirror’s stand. Be always diligent in rubbing it. Do not let it attract any dust.

Éloge de la fuite

Couloir_infini

« C’est le propre de la condition humaine et c’est l’éloge de la fuite, non en arrière mais en avant, que je suis en train de faire. C’est l’éloge de l’imaginaire, d’un imaginaire jamais actualisé et jamais satisfaisant. C’est la Révolution permanente, mais sans but objectif, ayant compris des mécanismes et sachant utiliser des moyens sans cesse perfectionnés et plus efficaces. Sachant utiliser des lois structurales sans jamais accepter une structure fermée, un but à atteindre. » Henri Laborit

 

 

 

Chaordre

Ne  pas succomber à la tentation de  la belle image,  du fétiche.

Par nature ça doit rester en travail, entre ombre et lumière, là où -comme le dit Artaud- « il ne reste plus à l’homme qu’à reprendre sa place, entre les rêves et les événements ».

 

De l’effet

« They’d have lunch at the interview offices for people who were on the cover of the magazine. My father and I walked in for some reason one afternoon, and they asked us to sit down. Andy was saying that Richard Nixon lived in Saddle River, New Jersey. And my father said, « Saddle River’s in New York ». And Andy said: « No, its in New Jersey ».  Now, this went on for a while. And then my father says, « Saddle River’s in New York ». And then Andy says to him:  » Oh, I didn’t know that ». He also said to me once, « when people start driving you crazy, just start talking about Jesus Christ and they’ll leave you alone ». »

« Ils organisaient des déjeuners dans les bureaux d’Interview pour les personnes qui se trouvaient sur la couverture du magazine. Mon père et moi y sommes allés pour une raison quelconque un après-midi, et ils nous ont demandé de nous asseoir. Andy disait que Richard Nixon vivait à Saddle River, New Jersey. Et mon père a dit: «Saddle River c’est dans l’état de  New York ». Et Andy a dit: « Non, c’est dans le New Jersey ».  Ça a continué comme ça un certain temps. Et puis mon père dit: «Saddle River c’est dans l’état de  New York ». Alors Andy a dit: « Oh, je ne le savais pas « . Il m’a aussi dit un jour, « quand les gens commencent à te rendre dingue, il suffit de parler de Jésus-Christ et ils te laissent tranquille ». »

Julian Schnabel

 

 

Instantané

Juste la rencontre. Le lieu de l’instant. Où  deux zéros, touchés, se lâchent à l’infini. Quand d’une boite à musique revenue  de l’enfance -d’un trou par où ça passe-, une note libérée nous précipite alors au coeur du prototype. Le vif même de notre nature résonnante. Cristalline. Dans la présence. D’avant le (cruci)fi(x)ction.