Le lit d’une rivière

« On ne choisit pas ce qu’on a à dire. Ça nous traverse. Certains artistes pensent que les idées qui sont dans leurs oeuvres sont leurs idées. Mais c’est faux. Ce sont les idées du moment contemporain où nous sommes. Et l’artiste, c’est un peu comme le lit d’une rivière. Il doit trouver la bonne courbure pour que tout ça coule à travers lui. « 

Asia Argento

Gimme shelter

« The apocalypse is not something which is coming. The apocalypse has arrived in major portions of the planet…. It’s only because we live in a bubble of incredible privilege and social insolation that we still have the luxury of anticipating the apocalypse. « 

« L’apocalypse n’est pas quelque chose qui va arriver. L’apocalypse est déjà arrivée dans une grande partie  de la planète… C’est seulement parce que nous vivons dans une bulle de privilèges incroyables et d’isolation sociale que nous avons encore le luxe d’anticiper l’apocalypse. »

Terence McKenna

Fata morgana

« Et sans doute notre temps… préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être… Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane, c’est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l’illusion croît, si bien que le comble de l’illusion est aussi pour lui le comble du sacré. »

Feuerbach/L’Essence du christianisme

Pan!

« Le langage à l’heure actuelle c’est un langage de  dictature qu’on nous apprend, qu’on nous enseigne pour nous soumettre. Le vocabulaire est un vocabulaire de soumission donc à un moment donné  il faut faire craquer les mots comme tente de le faire Guyotat. »

Michel Journiac

Éloge

« Se révolter, c’est courir à sa perte, car la révolte, si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l’intérieur du groupe, et la révolte, seule, aboutit rapidement à la soumission du révolté… Il ne reste plus que la fuite. »

« Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime. »

Henri Laborit