Chercher à articuler un corps c’est séparer ce qui ne devrait pas l’être puisque, par définition, un corps est non -séparé. Mettre un ordre, de l’ordre, quel qu’il soit, c’est ainsi nier cette unité première. Et nous sommes complices, au travers du politique – qui n’est finalement qu’un jeu de domination de de pouvoir- de cet état de séparation. La vie est fondamentalement poétique. L’urgence est de défaire la syntaxe pour laisser advenir un langage non-militarisé.
« L’inventivité du corps n’a pas besoin de démonstration, puisque le corps la révèle lui-même et la déploie dans l’espace. Les rythmes, dans toute leur multiplicité, s’interpénètrent les uns les autres. Dans le corps et autour de lui, comme à la surface d’une masse d’eau, les rythmes se croisent et se recroisent indéfiniment, se superposent les uns aux autres, toujours liés à l’espace . »
De Nouméa à Montréal, d’ile en ile, un fil. Un film.
D’il en elle, Gina et Michel. Des revenants. Des retrouvailles, 40 ans plus tard. D’un corps qui, désormais fantôme, n’en reste pas moins fondement de toute pensée actuelle.
Du contexte insulaire. Entre flux et reflux. Du cortex insulaire. Au plus profond des plis. D’une conscience qui, vide d’ émotions, ne serait pas. Mystère in carne.
Incarner. Comme au premier jour. Exactement sous le soleil. Singulier. Ciel et terre conjugués. Vie et mort synchrones. Sans résistance.
Car l’acteur doit être sans espoir, toujours là, sans chercher ce qui l’a précédé, ce qu’il sera peut être.